
Un constat accablant : les paysans, producteurs de nourriture, meurent de faim
A l’heure actuelle, près de 80% des victimes de la faim vivent dans des zones rurales - là où est produite la nourriture.
Contrairement à certaines croyances, les aléas climatiques et les catastrophes naturelles ne sont pas les principaux responsables de la faim.Celle-ci a bien plus souvent des origines humaines (structures de société et systèmes socio-économiques de discriminations, non-respect du droit...).
La pauvreté est la principale cause directe de la faim. Bien que la nourriture soit disponible, les personnes ne disposent pas d´un revenu suffisant pour l´acheter. Ils n´ont pas non plus les moyens de la produire directement.
FIAN a souvent constaté que la pauvreté et la marginalisation découlent de l´absence d’accès à des ressources productives, en premier lieu la terre. Refuser ou retirer cet accès entraine bien des personnes rurales vers la misère.
Qu’est ce que la réforme agraire ?
La réforme agraire est un processus de déconcentration et de redistribution de la terre. En principe, c´est à l´Etat de mettre en oeuvre ces réformes : d´exproprier et de dédommager les propriétaires selon les lois du pays. La réforme agraire est faite dans l´intéret général et pour permettre la survie de toute une partie de la population –dans l’idéal de leur permettre une vie décente.
Dans de nombreux pays du Sud, la terre est très inégalement répartie. Au Brésil, champion de la concentration des terres, 1% des propriétaires terriens possède 54% des terres cultivables. La plupart des cultures sont destinées à l’exportations (soja, canne à sucre etc.). Environ 12 millions d’ouvriers agricoles, fermiers ou métayers, travaillent sur ces terres avec des salaires sinsuffisants, dans des conditions très précaires.
La faim est le lot quotidien de ces ouvriers et de leurs familles. Pour améliorer la situation de ces 50 millions , il faudrait leur attribuer une parcelle pour qu´il puissent mettre en place des cultures vivrières suffisantes et/ou produire pour leur propre compte. Ceci leur permettrait aussi d´avoir un lieu de vie durable.La Constitution brésilienne (comme celles d´autres pays) prévoit une telle réforme agraire sous certaines conditions.
Les réformes agraires : des processus insuffisants
Au cours des cinquante dernières années, des mouvements paysans, notamment en Amérique du Sud, ont lutté pour des réformes agraires dans leurs pays. Quelques réformes ont même été amorcées. Cependant, elles ont toujours été trop timides, incomplètes, et aucune n´a vraiment été durable.
Les grands propriétaires opposent une résistance, souvent violente, à la réforme agraire, refusant de voir leurs propriétés démantelées au profit des petits agriculteurs. De plus, l’idéologie néo-libérale affirme que le développement des grandes agro-industries conduira au développement du pays et aura à terme des retombées positives pour les plus pauvres. Enfin, la Banque Mondiale promeut une réforme agraire « dirigée par le marché » (et non de la responsabilié de l´Etat) : les sans-terre négocient directement avec les grand propriétaires et doivent prendre des crédits. Cet endettement remet en cause leurs perspectives d’avenir.
De plus, il apparaît clairement que la seule réforme agraire ne suffit pas. Pour qu´une réforme agraire remplisse vraiment son but, celui d´aider les paysans à sortir de la misère, elle doit leur permettre d´avoir accès à l´eau, aux semences, à l´outillage, aux marchés, à des formations... et nécessite pour cela un accompagnement, des politiques d´appui.
La Campagne Globale pour la Réforme Agraire
Pour FIAN, la réforme agraire (et les politiques d´appui qui vont avec) restent de la responsabilité de l´Etat. Depuis 1997, FIAN et La Via Campesina – un regroupement international de mouvements paysans - mènent la Campagne globale pour la réforme agraire. La Campagne apporte un soutien aux mouvements de paysans et de sans-terre qui luttent pour la mise en place de réformes agraires durables dans leurs pays. Les reformes doivent assurer : la sécurité de la propriété foncière, l’accès à des crédits abordables, l’accès à un appui technique et aux moyens de cultiver.
Une importance majeure est accordée à la durabilité de l’agriculture. Grace à cette campagne, un appui international est donné aux paysans : intervention en cas de violations des droits des paysans et diffusion de l’information au niveau international ; la Campagne a pour cela mis en place un réseau d´urgence, et elle mène des missions d´enquête échanges d’expériences entre différents mouvements paysans, pour leur renforcement et pour une meilleure coordination, au niveau international, par exemple lors des forums sociaux mondiaux pression sur les instances internationales telles la Banque Mondiale et la FAO, pour la mise en oeuvre de réformes agraires durables et la prise en compte du rôle et des droits des petits paysans